
L'expression shinkansen (新幹線) signifie littéralement "nouvelle grande ligne". Les trains circulant sur les lignes Shinkansen sont officiellement appelés Super Express. Toutefois l'usage a retenu Shinkansen pour désigner à la fois les trains et les lignes.
Le Japon fut le premier pays à se doter de lignes réservées aux trains à grande vitesse.
La construction du premier tronçon du Shinkansen, sur le Tôkaidô entre Tôkyô et Shin-Ôsaka, démarra en 1959, mais Il faudra attendre le 1er octobre 1964, à l'occasion des jeux olympiques de Tôkyô, pour inaugurer la ligne.
Le Shinkansen est le train utilisé pour le transport ferroviaire à grande vitesse au Japon (c'est l'équivalent de notre TGV). Le succès commercial (plus de 100 millions de passagers en moins de trois ans, et 1 milliard en moins de 12 ans) a poussé à rapidement développer le réseau de lignes Shinkansen, qui de nos jours relie les plus grandes villes des îles de Honshû et Kyûshû. La vitesse a également connu une augmentation en passant de 210 km/h à 300 km/h.
Conçues à l'origine pour acheminer des voyageurs et des marchandises de jour et de nuit, les lignes du Shinkansen ne transportent finalement que des voyageurs et le réseau est fermé de minuit à 6 h du matin pour laisser place à la maintenance. Il circule encore quelques trains de nuit au Japon sur le réseau historique à voie étroite.
Outre l'intensité de son trafic, le Shinkansen se distingue par l'espace offert aux voyageurs, toujours assis dans le sens de la marche et disposant, quelle que soit la classe, de beaucoup de confort, par sa grande ponctualité : en 2003, le retard moyen à l'arrivée, par rapport à l'horaire, se chiffrait 6 secondes de retard. Cette moyenne inclut toutes les causes de défaillances techniques, mécaniques ou humaines, sur un ensemble de 160.000 personnes sur le réseau. Cette grande ponctualité est une des conséquences positives du fait que les Shinkansen parcourent des voies qui leur sont réservées : ils n'ont pas à subir les aléas du trafic d'une ligne classique (passages à niveau, accidents, conséquences de retard, etc...).
En 40 ans de fonctionnement, le Shinkansen a transporté 4,2 milliards de voyageurs sans aucun accident. Le séisme du 23 octobre 2004 a provoqué un déraillement spectaculaire, mais sans victime, d'un Shinkansen 200 qui circulait à 200 km/h sur la ligne Tôkyô-Niigata. C'était la première fois qu'un déraillement se produisait sur le réseau Shinkansen depuis son ouverture en 1964. Les lignes Shinkansen sont en effet reliées à des sismographes détectant les moindres mouvements du sol et déclenchant un freinage d'urgence du matériel roulant en cas de tremblement de terre. Dans ce dernier cas, le délai de réaction (plus précisément la distance parcourue entre l'ordre de freinage d'urgence et l'arrêt complet de la rame) n'a pu empécher le déraillement, la ligne passant trop près de l'épicentre.
La réduction du bruit est actuellement une priorité pour les compagnies ferroviaires exploitant le Shinkansen. À cet effet, de nouvelles générations de rames sont à l'étude ou à l'essai. Lors de leur mise en service, les anciennes rames, plus bruyantes, seront déclassées.
Il est aussi prévu d'une part de faire circuler de nouvelles rames à 350km/h sur la ligne San'yo après 2007 et d'autre part de faire circuler à 360 km/h les rames Fastech 360.
Tous les Shinkansen sont des rames automotrices électriques fonctionnant sous courant alternatif 25KV 50/60Hz.
